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Editorial (La revue n°230)
QUEL AVENIR POUR LE SERVICE PUBLIC D'ÉDUCATION ?

Notre Fédération vient de renouveler son engagement militant à soutenir l'Appel de Bobigny qui définit, dans le cadre d'« un grand projet national pour ['enfance et la Jeunesse » cinq objectifs prioritaires et un ensemble de 18 propositions concrètes pour l'éducation. En ce temps de grand débat électoral, l'éducation de demain est un thème incontournable, aussi, avant les échéances nationales, nous demandons aux responsables politiques qu'ils prennent des engagements déterminants pour l'avenir du service public d'éducation, laïque et gratuit.

Vous trouverez, pour information, dans ce numéro du « Délégué » une synthèse de l'« Appel de Bobigny ».
Sachez aussi que dans le cadre du Comité National d'Action Laïque, nous interrogeons les candidats à l'élection présidentielle sur la place qu'ils souhaitent donner à la Loi de 1905 et d'une manière générale à la laïcité dans la République.

Notre fédération a également interrogé directement ces mêmes candidats sur des points qui concernent plus directement les statut et missions des DDEN, et entre autres leurs engagements à propos de la place faite aux DDEN, le maintien de leur fonction et de leur rôle dans les écoles au sein des conseils d'école ou des conseils d'administration en cas d'évolution de structure des regroupements pédagogiques, et leur refus de toute parité entre service public laïque et écoles privées, sous contrat ou non, concurrentielles, et très majoritairement confessionnelles.

Nous serons particulièrement attentifs aux réponses que nous recevrons.
Nous voulons également attirer votre attention sur les conséquences attendues des 5 700 suppressions de postes prévues à la rentrée 2012 dans le primaire et en particulier, la disparition d'environ 2 500 postes d'enseignants des RASED, réseaux d'aides spécialisés contre l'échec scolaire.

Ces suppressions vont s'ajouter aux 2 500 emplois de RASED déjà effacés entre 2008 et 2011. En cinq ans, ce sera donc près d'un tiers de l'effectif total de ce dispositif qui aura disparu des écoles. Comment prétendre, dans ces conditions, lutter contre l'échec scolaire ? Particulièrement visées, les aides spécialisées complémentaires des rééducateurs de l'Éducation Nationale et des maîtres « E » subissent des coupes drastiques partout en France : quasi absence d'envoi en formations spécialisées malgré les départs en retraite et suppressions massives de postes avec des disparités très importantes selon les départements.

C'est la capacité de l'école à accueillir, repérer, prendre en charge les difficultés plurielles qui se manifestent au sein de l'institution scolaire qui risque de disparaître. L'approche nécessaire des rééducateurs, enseignants spécialisés option G, doit permettre aux enfants de trouver le chemin des apprentissages, retrouver confiance et désir d'apprendre, mobiliser leurs ressources, dépasser leurs difficultés, ajuster leurs comportements et ainsi tirer profit de leur scolarité.

Outre les RASED, vont être supprimés des postes de titulaires-remplaçants, d'assistants de langues vivantes et de maîtres-formateurs. Il faut s'attendre à ce que les fermetures ou les « non-ouvertures » entraînent une hausse du nombre d'élèves dans les classes, et donc une nouvelle dégradation des conditions d'apprentissage.

Dans vos conseils d'école respectifs, nous vous invitons à être des plus attentifs à ces modifications de structures, et à rappeler la nécessité pour le service public de se donner les moyens du meilleur accueil de tous les enfants.



Jean-Michel Lemuet
février 2012


Editorial (La revue n°229)
LES UNIONS DANS L'ACTION

Nous arrivons au seuil de l'année 2012. Le débat autour de l'école publique, laïque et gratuite devrait s'amplifier. Au plan national et au plan local nous donnerons notre avis, sollicité ou non. La résolution générale du Congrès d'Angers de juin 2011 nous servira de fil rouge. Nous savons pouvoir compter sur « le militantisme DDEN » de nos Unions départementales et de leurs adhérents.

Il n'est peut être pas inutile de rappeler que la communication de la Fédération se fait à différents niveaux : le Conseil fédéral, les Unions départementales et les adhérents dans leurs secteurs. Notre résolution de congrès assure la cohérence de l'ensemble. La Fédération est en effet vivante de cet ensemble et de l'action de chacun.

Ainsi, les Unions départementales se sont engagées résolument dans l'action pour promouvoir la laïcité à l'occasion de la plantation d'« arbres de la laïcité », la gratuité du service public au travers de notre enquête nationale, l'équité au moment de la rentrée de septembre mais aussi au travers d'actions particulières.

Pour ne citer que quelques exemples parmi d'autres :

  • L'Union de Lozère a diffusé à toutes les mairies la dernière page de notre revue Le Délégué de septembre, qui reprend la fiche « action » du CNAL.
  • L'Union des Côtes-d'Armor s'est adressée à tous les enseignants du premier degré de l'enseignement public pour leur rappeler la mission « historique » des DDEN mais aussi la nécessaire vigilance pour la défense de notre école publique.
  • L'Union du Tarn s'est associée aux partenaires laïques de son département en participant à un forum débouchant sur une déclaration commune au CDEN.
  • L'Union de Seine-Saint-Denis a organisé une conférence-débat « qu'est-ce que la laïcité ? » avec ses partenaires locaux, en faisant plus particulièrement appel à notre Président d'honneur Daniel Callewaert pour une brillante intervention publique.
  • L'Union de la Somme a envoyé notre résolution de Congrès à tous les élus du département : députés, sénateurs, président du Conseil Général et du Conseil Régional.
  • L'Union du Val-de-Marne a obtenu l'inscription au fronton des écoles publiques de la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité », le tout accompagné d'un article élogieux sur leur initiative dans la presse locale.
  • L'Union de Charente-Maritime était présente avec un stand documenté à la journée départementale des éditeurs d'ouvrages pédagogiques organisée par le CDDP.
  • L'Union des Landes s'est associée à la rédaction d'un vœu du Conseil Général « pour des moyens pour l'école », vœu reprenant une grande partie de notre résolution de Congrès.
  • L'Union de la Côte-d'Or a sollicité l'Association des maires de son département à propos de l'inscription de la devise républicaine au fronton des écoles publiques. Sa démarche a fait l'objet d'un bel article positif en bonne place, dans la revue départementale de l'ADM. Elle a aussi diffusé des informations sur le rôle des DDEN en direction des comités de quartiers de la ville de Dijon.
  • L'Union du Nord s'est associée au Comité extra-municipal de la Laïcité et du Vivre ensemble du secteur de Tourcoing à l'occasion de l'inauguration d'une Place de la Laïcité.
  • L'Union du Rhône a participé, avec un stand apprécié par les visiteurs, au forum des associations de la ville de Serezin du Rhône.
  • L'Union de l'Isère a, avec l'appui du Conseil Général, diffusé à toutes les écoles un DVD sur la « sécurité à l'école, à la maison et ailleurs » conçu par l'école primaire de St-Agnin-sur-Bion.

La diversité de ces initiatives démontre la présence active des DDEN au quotidien et nous pouvons ensemble nous en féliciter.

La Fédération, son Conseil fédéral, le secrétaire général et le président vous présentent tous leurs vœux pour 2012, année charnière pour la République avec une élection présidentielle et des élections législatives. Souhaitons que notre école publique, laïque et gratuite, soit l'École de la République, présente surtout le territoire, moyen d'émancipation pour tous les citoyens « en herbe » qui lui sont confiés, source de progrès pour chacun d'entre eux.

Jean-Michel Lemuet
1er novembre 2011