
Plus de 225 000 signatures. Le 19 juin 2010, par de symboliques lâchers de ballons, nous avons confirmé, ce jour-là, notre engagement pour continuer à défendre et à promouvoir notre service public, laïque et gratuit d’Éducation.
Le Congrès a adopté en terme de résolution l’appel national pour l’école publique
L’École publique, laïque et gratuite crée le lien social indispensable pour faire face aux
défis d’un monde en crise. C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion
sociale. Elle est pourtant aujourd’hui menacée par des choix politiques qui favorisent le
privé et encouragent le consumérisme éducatif.
Redonnons la Priorité à l’École laïque !
Le service public et laïque d’éducation doit garantir à chaque élève une scolarisation de
qualité sur tous les territoires. Il doit permettre à chacune et chacun, quelle que soit son
origine culturelle ou géographique, quelle que soit sa condition, quel que soit son handicap,
de bénéficier d’une éducation et de s’approprier « le vivre ensemble » dans un espace où la
liberté de conscience est strictement respectée.
Aujourd’hui, le service public et laïque d’éducation n’est plus une priorité de l’état.
Les nombreuses décisions ministérielles le montrent :
- les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et l’asphyxient en zone urbaine,
- les aides publiques concédées aux établissements privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par l’État, auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par les collectivités locales,
- la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire,
- la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école,
- le développement du privé par le plan banlieue, là où les besoins du service public sont les plus criants, là où la ségrégation sociale est la plus forte,
- les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état de l’enseignement supérieur privé.
Nous, signataires de cette pétition, refusons l’affaiblissement organisé par l’État, de
notre service public et laïque d’éducation.
L’éducation n’est pas une marchandise. La liberté de conscience doit être respectée
partout et pour toutes et tous. L’argent de tous doit cesser de financer les choix de
quelques-uns.
Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de l’École
publique, laïque et gratuite.
Nous réaffirmons qu’il n’y a qu’une École de la République.
Nous demandons que l’effort éducatif de la Nation soit réservé au développement de
l’École de la Nation.
Le 96ème congrès s’est déroulé les 12 et 13 juin dans les locaux de l’ESIP à Poitiers.

Accueil par nos collègues de l’Union de la Vienne
Merci à tous les organisateurs
Editorial (La revue n° 223)
« Honneur et Gloire à l'école laïque ! »
Nous avons la responsabilité d'être les défenseurs acharnés de cette école « où
nous avons appris à penser librement et à défendre la République. »
Nous n'acceptons pas que cette école n'ait pas les moyens, tous les moyens d'assumer sa mission.
Nous refusons que cette école soit affaiblie par l'adoption de mesures législatives au profit d'un enseignement privé car il y a danger : selon l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques) : « L'éducation est, avec la santé, le dernier bastion à conquérir ; elle est l'un des marchés à la croissance la plus rapide. La formation privée et l'industrie de la formation des adultes devraient connaître un taux de croissance à deux chiffres tout au long de la décennie. »... « La responsabilité de la formation doit être, en définitive, assurée comme un service rendu au monde économique. »
Nous dénonçons, donc, ces mesures par lesquelles l'État organise la concurrence avec le service public dont il a, avec les collectivités locales, la charge. Aussi, un Appel pour l'école publique a-t-il été lancé car il faut que cette école, dans son ensemble, puisse être reconnue comme la meilleure par les familles. Nous sommes dans l'urgence.
L'école publique et laïque a besoin de notre vigilance, et de notre engagement. Que le congrès soit, concrètement et solennellement, l'occasion de réaffirmer notre détermination, notre exigence mais aussi notre foi en l'avenir.
« Il faudra avoir la patience de reprendre l'ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait, la force d'inventer au lieu de suivre. » Aimé CESAIRE
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Daniel Callewaert Président de la Fédération des DDEN, Mai 2010