La Lettre – n°122 – juin 2015

L’école française vue de l’extérieur

L’École française ne se perd pas en activités ou en amusements. Elle n’a pas perdu de vue les enseignements fondamentaux. De nouvelles statistiques européennes montrent que c’est en France que l’on consacre le plus de temps à l’enseignement des disciplines fondamentales comme le français ou les maths. Une réalité déjà connue, qui se maintient.Page tournée :

Le Conseil d’Etat a rejeté les recours déposés par les communes de Janvry (91) et Fournels (48) visant à faire abroger le décret sur la réforme des rythmes scolaires …..

Zones sensibles : la situation scolaire s’est détériorée

La publication du rapport 2015 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles apporte des éclairages nouveaux sur la scolarité en ZUS sur la période 2012-2013, première rentrée scolaire de M. F. Hollande. Cette rentrée, organisée par le gouvernement précédent, se traduit par une dégradation de la situation scolaire. Plus fondamentalement, le diplôme protège moins du chômage en ZUS qu’ailleurs.

L’avis du CESE sur le système éducatif

Il  « peine à remplir sa fonction intégratrice » Le CESE a recueilli les témoignages de parents en situation de grande pauvreté, ainsi que d’ « acteurs de l’école »  et déclare : « Notre système éducatif peine aujourd’hui à remplir sa fonction intégratrice ».  Un grand nombre de situations d’échec se révèlent pendant la scolarité obligatoire et les inégalités de réussite sont très nettement corrélées aux inégalités sociales et culturelles des familles.  L’école ne parvient plus à atténuer ces inégalités de départ et tend même à les accentuer entre le début du primaire et la fin du collège.  L’avis du CESE dégage trois chantiers : la construction d’une école inclusive, la banalisation de la mixité sociale et scolaire, et l’implication des pouvoirs publics, qui devraient « soutenir et évaluer les initiatives ». Pour cela il préconise : place en maternelle dès deux ans quand nécessaire, pas de fermetures d’écoles dans les petites communes, renforcement  des RASED  et  dispositif « plus de maîtres que de classes ». Il faut, dit-il, faire de l’école « un lieu social » et pour cela faciliter la découverte et la compréhension du milieu » en organisant des temps de rencontre et de formation entre les acteurs du PEDT (projet éducatif territorial), en ouvrant l’école aux partenariats, en développant des co-formations et des formations communes, et en « dotant les établissements d’un lieu de travail pour les enseignants ». Il recommande aussi de « considérer les parents comme un maillon essentiel », en les accueillant notamment « pour des moments formels et informels ». Enfin il faut innover  pour  rendre compréhensible par tous les élèves l’enjeu des apprentissages : pédagogie de la coopération, travaux par projet, apprentissage de la démocratie, évaluation qui encourage les élèves et leur donne des repères communs.

Projet d’aide aux remèdes contre la dyslexie

Il sera exposé lors d’ Innovatives SHS, le salon de valorisation des sciences humaines et sociales du CNRS, les 16 et 17 juin à Paris. Le projet propose un test et un ensemble d’exercices informatisés. Il s’agit de jeux amenant l’enfant à s’intéresser aux relations entre les éléments d’un objet pour l’identifier. Ces exercices ne portent pas sur des lettres mais, par exemple, sur des dessins hiérarchisés. Devant un grand cœur constitué de petites étoiles, il faut par exemple se concentrer sur les relations entre les petites formes (étoiles) pour répondre à une question sur l’identité de la grande forme (cœur). Ces activités favorisent un traitement spontané de la structure visuelle, compétence importante pour prendre en compte la position des lettres d’un mot. L’efficacité de l’entraînement se manifeste par des progrès en lecture, surtout pour les mots irréguliers, très fréquents en français, et par une stratégie de lecture moins morcelée.

Recrutement dans le secondaire

Les résultats d’admissibilités aux concours externes du CAPES ont été publiés : le nombre de candidats admissibles cette année est inférieur au nombre de postes ouverts dans deux disciplines et en particulier  baisse de 5,1 % des admissibles en mathématiques alors qu’il y a +15,8 % de postes par rapport à l’an dernier, baisse d’admissibles de 1,7 % en allemand pour 13,3 % de postes en plus ,  diminution de 20,6 % en éducation musicale pour +21,2 % de postes. En anglais 1,2 candidat admissible par poste. A l’inverse, le nombre de candidats admissibles à l’agrégation externe est plus important que le nombre de postes ouverts dans l’ensemble des disciplines.

Et pourtant…

D’après un rapport publié par France Stratégie le métier d’enseignant est l’un de ceux qui proposent le plus de postes à pourvoir sur la période 2012-2022. Avec 300 000 postes, il arrive en 3ème place des métiers qui recrutent sur la période Ces postes sont majoritairement alimentés par les nombreux départs à la retraite prévus dans l’enseignement, les créations nettes d’emplois n’étant pas si nombreuses sur la période (44 000). Selon France Stratégie, « sur la dernière décennie, l’âge moyen de départ [à la retraite] des professeurs des écoles se situait autour de 56 ans (les professeurs des écoles ayant commencé comme instituteurs pouvant se retirer dès 55 ans), contre 60 ans pour les professeurs du secondaire et 63 ans dans l’enseignement supérieur.

Petit tour du monde 

En Suisse : les programmes scolaires varient d’un canton à l’autre ; selon les cas on enseigne par exemple une seconde langue nationale et l’anglais dès le primaire … si on le veut bien ! Il est hors de question d’envisager des programmes nationaux … même si c’est (plus ou moins) à l’ordre du jour.

Aux Etats Unis : on réfléchit à la notion de tronc commun, mais pas à un programme national !

Au Canada : chaque province est libre d’organiser son système scolaire, comme en Saxe …. Ou dans la ville polonaise ce Wroclaw

En Finlande : Toujours bien classée par PISA depuis des années : la ministre donne « sa » recette : » enseignement gratuit et de qualité pour tous… petites classes, accompagnement individualisé, place important laissée aux activités manuelles dans le primaire…

En Russie  :  Le débat du moment porte sur l’introduction d’un module appelé : bases des cultures religieuses et éthique laïque, au CE1. Mais les religieux souhaitent que cela soit du CE2 à la 1ère… et proposent leurs services ! (4 religions : orthodoxie, Islam, Judaïsme, Bouddhisme). Dans les Républiques musulmanes on a découvert qu’aucun élève ne suivait le cours «  orthodoxie ! ». L’application du projet enlèverait 8 h de cours aux enseignants, par semaine !

En Italie :  Le projet de réforme vise à traiter l’école comme une entreprise : directeur-patron qui embauche qui il veut, licencier aussi, autonomie dans la gestion du budget et le projet éducatif !

Le rapport de l’OCDE de janvier :

Seulement une réforme sur 10  lancée depuis 2006 a fait l’objet d’une étude d’impact – soit près de 450 projets de réforme de l’éducation. Or il faut 10 à 25 ans pour qu’une réforme éducative soit implantée … et puisse être évaluée !

Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture (BO du 23 avril

Il est composé de cinq domaines de formation :

– Les langages pour penser et communiquer

– Les méthodes et outils pour apprendre

– La formation de la personne et du citoyen

– Les systèmes naturels et les systèmes techniques

– Les représentations du monde et l’activité humaine

Une découverte américaine  

D’après des chercheurs de l’Oregon, le Xanthohumol, un flavonoïde présent uniquement dans le houblon utilisé pour fabriquer la bière améliorerai les capacités cognitives. Les effets sont  visibles surtout sur les sujets jeunes. Alors, faut-il pour autant inciter les jeunes à boire davantage de bière pour devenir plus intelligents ? Non, selon la chercheuse responsable de l’étude. Un humain devrait consommer 2000 litres de bière par jour pour atteindre les quantités de Xanthohumol utilisées lors de cette  étude.

Echec des réformes suédoises

En date du 4 mai dernier, l’OCDE a prié la Suède de revoir sa copie pour améliorer le niveau de compétences des élèves et réduire les inégalités.