La Lettre – n°114 – octobre 2014

Elections aux conseils d’école

La Fapec, orga­ni­sa­tion récem­ment créée par Farida Bhelgoul, (ini­tia­trice des jour­nées de retrait de l’école) pourrait ne pas pré­sen­ter de liste aux élec­tions de parents d’élèves qui se dérou­le­ront les 10 et 11 octobre. En effet, une asso­cia­tion de parents d’élèves est défi­nie par un décret comme réunis­sant exclu­si­ve­ment des parents d’élèves qui défendent les inté­rêts des élèves et des parents or il s’agit « d’une asso­cia­tion où l’on peut être parent, mais aussi oncle, tante, sœur rappelle la FCPE. S’ils se pré­sentent, on deman­dera au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif d’annuler ces listes », menace le président de la FCPE.

Consultation sur les programmes

La demi-journée de consul­ta­tion des ensei­gnants  doit se dérou­ler hors du temps de classe, estiment  l’Association des maires de France et la fédé­ra­tion de parents FCPE. Cette demi-journée de consul­ta­tion, pré­vue par le minis­tère, sera bana­li­sée et il n’y aura pas d’accueil des élèves dans les établis­se­ments. Ce sera donc aux com­munes de déci­der si elles prennent les enfants en charge ou non.

Pourtant les enseignants ont «  un capital » d’heures de concertation important dont l’usage aurait sans doute permis d’éviter que cette question soit posée.

Socle commun

De  2005 (loi Fillon) jusqu’à 2013 (loi Peillon), tout le monde est d’accord sur une urgence : il faut réus­sir le socle com­mun de connais­sances, de com­pé­tences et de culture mais on ter­gi­versait depuis 2005 ! Le Conseil supér­ieur des pro­grammes a pro­duit en juin 2014 un nou­veau pro­jet de socle, qui va être sou­mis à

une vaste consul­ta­tion. La nou­veauté prin­ci­pale est qu’au lieu de ne par­ler que de connais­sances et de com­pé­tences, il inclut désor­mais la culture, c’est-à-dire le rap­port ins­truit au monde.

Et la laïcité ?

A la ren­trée 2013, la  charte de la laï­cité a fait son appa­ri­tion dans les établis­se­ments sco­laires. Un réfé­rent laï­cité a été  alors nommé dans chaque aca­dé­mie. Il  peut être ins­pec­teur d’académie, ins­pec­teur péda­go­gique régio­nal ou pro­vi­seur de vie sco­laire. Sa mis­sion ? Former et aider les équipes péda­go­giques et éduca­tives confron­tées, sur le ter­rain, à des ques­tion­ne­ments autour de la laïcité.

Parlons discipline

En Angleterre, un  rapport de l’Ofsted, (organisme indépendant qui inspecte les écoles), fait la une des médias. L’Ofsted, pondéré habituellement, décrit l’effondrement de la discipline dans les écoles anglaises. Le pourcentage d’écoles où l’ordre règle serait passé de 22 à 15% seulement. En moyenne, les interruptions lors des cours feraient perdre 38 jours de classe par an. Un quasi doublement des vacances. Et  en France ? Selon l’OCDE qui s’appuie sur Pisa, la France serait, avec le Portugal, le champion européen du temps perdu pour indiscipline, nettement devant l’Angleterre où « seulement » 10% du temps scolaire disparaissent pour cette raison. En France c’est plutôt 15% et seulement 75% du temps scolaire sont consacrés à l’enseignement. Presque la moitié des  élèves déclarent qu’il y a du désordre en classe et 20% ne peuvent pas bien travailler à cause du bruit en classe. C’est pire seulement en Grèce (la moitié des élèves ne peuvent pas travailler normalement), au Luxembourg, en République tchèque, au Brésil ou au Qatar.

Les Etats Unis font une découverte !!!

Les inégalités face à l’école commencent dès la plus tendre enfance. L’environnement familial est en cause. Par exemple 93% des enfants scolarisés en centre ville déclarent avoir des livres chez eux contre 78% en ZEP.

Connaissez-vous l’Ecole de Monticello?

Dans ce village de Haute Corse, le chronobiologiste Hubert Montagner a inspiré le fonctionnement d’une école. Bâtiment écologique,  une dizaine de salles de classe pour 170 enfants…: Aux activités après la classe prévues par la réforme en cours s’en ajoutent d’autres avant ! De 8h30 à 9h jardinage, chant choral, couture.. L’école est au cœur d’un complexe sportif, à coté de la piscine, d’une ferme pédagogique…Ce qui passe mal auprès des enseignants, c’est la volonté de raccourcir les vacances d’été …. Que faire par plus de 30° ! 

Parents angoissés…

4 millions de cahiers de vacances … mais aussi « accompagnement »  dès 5 ans pour environ 30 euros la séance de 3 à 4 heures…. L’engouement pour ce genre de pratique est réel (40 millions d’heures de cours chaque année) Le dit engouement est dopé par les incitations fiscales mais aussi par le malaise des parents : peu de notes, peu de devoirs jusqu’à la 6°…Que faire ?

Parents angoissés ….

4 millions de cahiers de vacances … mais aussi « accompagnement »  dès 5 ans pour environ 30 euros la séance de 3 à 4 heures…. L’engouement pour ce genre de pratique est réel (40 millions d’heures de cours chaque année) Le dit engouement est dopé par les incitations fiscales mais aussi par le malaise des parents : peu de notes, peu de devoirs jusqu’à la 6°…Que faire ?

L’enseignement des langues vivantes

Alors que tous les pays avancent l’apprentissage des langues, y compris la France dans sa loi d’orientation, un  rapport récent réalisé par deux chercheurs suisses, Amelia Lambelet et Raphael Berthele remet en question ces politiques. « Il faut relativiser le facteur de l’âge dans l’enseignement des langues. Il a été largement surestimé, alors que ce n’est ni le seul, ni le plus important ». Lorsque l’on effectue des comparaisons, cela fait parfois du bien !

 Un bruit qui court

Les com­munes n’appliquant pas cor­rec­te­ment la réforme des rythmes sco­laires pour­raient bien­tôt être péna­li­sées par l’Etat, selon France Info. Seraient concer­nées les communes dont les maires ne pré­voient pas d’organiser de vraies acti­vi­tés péri­sco­laires, se conten­tant de mettre en place une gar­de­rie pour les enfants.  Toujours selon France Info, l’Etat réflé­chi­rait à sanc­tion­ner ces com­munes au niveau du fonds d’amorçage qui serait  bien recon­duit en 2014–2015 pour toutes les com­munes, mais « si ce fonds-là était péren­nisé » les années suivantes, l’Etat envi­sa­ge­rait de le « condi­tion­ner » à la mise en place de vraies acti­vi­tés péri­sco­laires. 

Vaste enquête … à suivre

Qu’est-ce que les enfants et les adolescents ont à nous dire de leur vie de tous les jours ? Pour le savoir, l’UNICEF France a, comme l’année dernière, lancé une grande consultation nationale. Cette initiative vise à combler un vide en matière de connaissances. Les informations disponibles à un niveau national sur l’opinion des enfants et des adolescents sur tout ce qui peut concerner leur vie quotidienne sont très rares.
11 232 enfants et adolescents ont répondu (dont 62 % pour les 12-18 ans). Cette consultation d’ampleur a remporté un vif succès.

Un département oublié : Mayotte

101°département : 3 personnes sur 10 n’ont jamais été scolarisées ; le niveau d’illettrisme est de pratiquement 73% (10%en métropole) 65% des élèves de CM2 entrent en 6° (bien que le niveau soit très bas) ce qui est un succès puisque cela traduit une augmentation de 73%  en dix ans ….

Est-ce bien sérieux ?

D’après des cher­cheurs de l’Oregon, le Xanthohumol (un fla­vo­noïde pré­sent uni­que­ment dans le hou­blon uti­lisé pour fabri­quer la bière) déjà connu pour ses capa­ci­tés antioxydantes et anti­can­cé­reuses, amé­liore aussi les capa­ci­tés cognitives. Les scien­ti­fiques ont observé pen­dant 8 semaines 49 sou­ris. Lâchées dans un laby­rinthe, les sou­ris à  l’alimentation riche en Xanthohumol ont été beau­coup plus « pers­pi­caces » pour en sor­tir ; tou­te­fois, l’effet n’a été observé que sur les sujets jeunes. Conclusion ? « il  est impor­tant de com­men­cer tôt dans la vie pour obte­nir les béné­fices com­plets d’une ali­men­ta­tion saine » mais un humain devrait consom­mer 2000 litres de bière par jour pour atteindre les quan­tités de Xanthohumol uti­li­sées lors de cette étude avec les sou­ris.

Triste bilan !

« Les progrès mondiaux vers la réalisation de     l’enseignement primaire universel se sont interrompus », annonce l’Unesco avec la publication d’un nouveau recueil statistique le 26 juin. « De nouvelles données révèlent que le monde ne respectera pas l’un de ses engagements élémentaires : scolariser tous les enfants d’ici à 2015. Selon les données de l’Institut Statistique de l’Unesco, près de 58 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire (ayant, généralement, entre 6 et 11 ans) n’étaient pas scolarisés en 2012. Il est probable qu’un grand nombre d’entre eux n’aillent jamais à l’école ».