La Lettre, n°109 – mars 2014

Une découverte ?

L’éducation est la première priorité des citoyens pour bâtir un monde meilleur, selon les résultats temporaires d’une enquête mondiale menée par les Nations-Unies.
Cette enquête s’inscrit dans le cadre d’un projet des Nations-Unies visant à « recenser la voix du peuple, ses priorités et ses opinions » sur les grands enjeux de demain et invite les citoyens du monde entier à choisir, parmi 16 sujets, celui qu’ils estiment le plus important pour une vie meilleure.

Réforme des rythmes scolaires, bilan d’étape  :

Dans 5 % des communes (pas encore revenues à la semaine de 4,5 jours et « dans une posture d’opposition » vis-à-vis d’une mise en place à la rentrée 2014 ) « le dialogue se poursuit. Aujourd’hui, « seules 3 % des communes rencontrent encore des difficultés » dans la mise en place de la réforme à la rentrée 2014, Il y a un mois, elles étaient 6%.

Le métier d’enseignant

Il occupe la première place du classement des professions « dont personne ne veut », selon le baromètre Jobintree 2014, publié fin février. Le site d’emploi a analysé 75 000 offres et 720 000 actes de candidatures sur la période octobre-décembre 2013.
D’après le baromètre, le métier le plus attirant au 4e trimestre 2013 est conducteur de train. Il récolte 192 fois plus de candidatures.
NB, Jobintree se présente comme le « premier site emploi généraliste avec une approche par métiers. » (cf facebook)

Pourquoi les enfants d’immigrés peinent-ils davantage à l’école ?

Selon l’enquête Pisa, les enfants d’immigrés réussissent moins bien à l’école. Enseignants et travailleurs sociaux donnent des explications … qui ne sont pas des excuses ! Mais allègent sans aucun doute les charges contre les enseignants : Manque d’ambition des familles, poids des traditions, assignations dans l’orientation, impact de la crise, ghettoïsation croissante.
Mais …
Selon Marie Rose MORO, pédopsychiatre spécialiste de psychiatrie transculturelle, les élèves issus de l’immigration sont une chance pour l’école. La diversité des origines, des histoires et des langues est une richesse culturelle trop peu exploitée dans les classes.

Informatique de consommateur ou de créateur ?

Lisons Colin de la Higuera, président de la société informatique de France, et professeur à l’Université de Nantes :
« Les lycéens français sont – pour l’immense majorité – analphabètes en informatique ! Si ce qui compte, ce sont les heures passées sur Facebook, alors oui ils ne sont pas plus mauvais que les autres. Mais il ne faut pas confondre l’informatique de consommateur et l’informatique de créateur. Il ne suffit pas d’être « digital native » pour maîtriser l’informatique. Manipuler une tablette tactile dès l’âge de 3 ans n’a que peu d’intérêt si on ne comprend pas assez bien son fonctionnement à 16 ans et que l’on n’est pas capable de créer ses propres outils ! La France prend un retard inquiétant.
Plusieurs pays, ont pris des initiatives fortes en faveur de l’informatique. Le Royaume-Uni vient de rendre obligatoire l’enseignement de l’informatique dès l’école primaire. En Allemagne, , plus précisément en Bavière, l’enseignement de l’informatique est également devenu la règle au collège.. Et aux Etats-Unis, dans une vidéo récente, le président Obama demande aux jeunes d’apprendre l’informatique, de ne pas se contenter d’utiliser les applications sur leur Smartphone mais de les inventer. En France, l’intention est certes de faire entrer l’école dans l’ère du numérique, mais en faisant pour l’instant l’impasse sur l’informatique. Le terme numérique a, en quelque sorte, ringardisé l’informatique. Un peu comme si l’on considérait qu’il n’y a pas besoin d’apprendre cette discipline pour la maîtriser… ».
On n’a pas résolu le problème de la formation des enseignants en informatique. Personne n’a anticipé. On ne dispose tout simplement pas d’assez d’enseignants compétents. Il faut recruter des gens formés afin que l’informatique existe au même titre que les mathématiques ou la physique. Le risque c’est de manquer d’informaticiens et de ne pas donner la chance aux jeunes de pouvoir devenir un jour des créateurs.

Les parents et l’école. C’est une question d’actualité !

En 1882, les parents avaient quasiment l’interdiction d’entrer dans les écoles. Ils ont commencé à devenir partenaires de l’école qu’à partir de 1905, avec la création d’associations de parents dans le secondaire.
Pour les enseignants le « Code Soleil », (à partir de 1923 et jusqu’en 1977) comportait un chapitre entier sur les rapports avec la famille. (garder avec les familles un contact indispensable », »appuyer son autorité sur celle du chef de famille ».
L’idée de partenariat apparait avec la création en 1975 du conseil d’école. Dans les années 1990, des textes de loi et des circulaires rénovent le service public pour le mettre « à disposition des usagers », (transparence, évaluation et ‘information). Des partenaires, certains parents deviennent alors « clients » et consommateurs d’école, et la concurrence entre enseignement privé et public s’instaure.
65% des personnels de direction et 40% des directeurs d’école considèrent déjà que les délégués de parents d’élèves ne sont pas représentatifs de l’ensemble des parents de leur établissement. Il faut recréer de la mixité sociale, en incitant les parents à participer beaucoup plus au fonctionnement de l’école.
Pour assainir la relation école-parents certains proposent de créer un statut de délégué de parent d’élève.. Mais s’il y avait un statut, il y aurait un dédommagement que l’employeur serait forcé d’accepter. Il faudrait alors faire bouger le Code du travail !Et enfin le délégué ne serait plus un simple parent d’élève, mais le représentant des citoyens qui l’auraient élu, et il devrait aussi leur rendre des comptes.

Et encore de quoi nourrir notre optimisme !

Les Français sont moins instruits que la moyenne des Européens, selon une enquête Insee parue en février, les garçons sont les moins instruits: 13,4% des 18–24 ans ayant quitté prématurément l’école au collège sans suivre une autre formation, contre 9,8% des filles.
Globalement, 11,6% des Français âgés de 18 à 24 ans ont quitté l’école sans diplôme ou avec seulement le brevet en 2012, et ne sont pas en situation de formation.
Les 25–48 ans sont 14,8% à ne pas avoir de diplôme ou à avoir arrêté leur scolarité après le certificat d’études primaires (CEP), 56, 4%des plus de 65 ans étant dans cette situation.
Le nombre de bacheliers a toutefois explosé ces 35 dernières années et plus des trois-quarts des Français sont aujourd’hui titulaires du baccalauréat toutes filières confondues (76,7%), soit trois fois plus qu’en 1980 (25,9%).
Le nombre d’apprentis a pratiquement doublé en 20 ans, (436.300 élèves en 2011,) étant la La scolarisation des 2 ans est en recul depuis dix ans, de un enfant sur trois jusqu’au début des années 2000, on arrivait à 11,6% à la rentrée 2011.

Mais il y a pire ailleurs :

Contre la violence et les problèmes de drogue à l’école, un collège argentin vient d’adopter une mesure originale : rendre les cartables transparents obligatoires au sein de l’établissement. Le collège espère ainsi faciliter les contrôles des sacs et éviter que les jeunes ne viennent en cours avec des armes à feu, des couteaux, de l’alcool ou bien de la drogue !!!