La Lettre – 125 – Novembre 2015

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Des chiffres … qu’en déduire ?

Selon une étude d’Eurostat, 81,7% des élèves européens apprennent au moins une langue étrangère dès l’école primaire. A la rentrée 2015, seuls 17 médecins scolaires titulaires étaient en poste dans le 93 pour s’occuper des 320 000 élèves du département.

Dans un rapport publié le 15 septembre, l’OCDE constate que l’usage d’internet dans le cadre du travail scolaire aurait un mauvais impact sur les résultats des élèves. De quoi remettre en cause l’utilisation du numérique à l’école ?

Une question … de droit !  

En proposant à des jeunes, mineurs ou non, d’accéder à Internet et à certains services grands publics (Facebook twitter, Google, 365 etc.), les enseignants, les équipes éducatives respectent-ils la loi sur la protection des enfants ? Respectent-ils le cadre de référence que l’Etat tente d’imposer depuis 2003 autour du déploiement des ENT et des services en ligne (téléservices et autres SCONET, ATEN).

Encore des chiffres…

« En France, près de 28 % des jeunes adultes (âgés de 15 à 34 ans)  sont soit nés à l’étranger, soit issus d’au moins un parent immigré, ce qui est proche de la moyenne des pays de l’OCDE (27%) et peu éloigné de la moyenne de l’Union européenne (24%) », rappelle l’OCDE. Pourtant, « la difficulté à intégrer les enfants issus de milieux défavorisés y est plus nette que dans la plupart des pays de l’OCDE et se traduit par de piètres résultats chez les enfants immigrés et issus de l’immigration qui sont sur-représentés dans ce groupe : 41% des élèves immigrés éprouvent des difficultés de compréhension de l’écrit contre seulement 26% en moyenne dans les pays de l’OCDE… » 

10 propositions pour changer l’école. Par F. Dubet et M. Durut-Bellat

Le livre dénonce les conséquences sociales d’une école qui serait une machine à délivrer des diplômes L’école doit  apprendre à vivre en société ; elle doit apprendre la santé, le bien être, la défense de l’environnement, la consommation. Elle doit donc devenir « l’affaire de tous » Les auteurs prennent position contre l’éducation prioritaire à la française. « Soit on traite sur place les effets de la ségrégation telle qu’elle est, soit on fait tout pour la diluer et créer davantage d’hétérogénéité. La première voie est celle de l’éducation prioritaire », Ils se déclarent pour une carte scolaire plus impérative. Mais la clé réside dans l’offre scolaire qu’il faut rendre plus égale alors que la labellisation induit pour eux des effets pervers d’inégalité de l’offre

Des pratiques nouvelles … prometteuses ??

Des élèves de CAP interviennent en grande section :ce sont des Menuisiers alors que d’autres sont en froid et climatisation. Les deux groupes sont de niveau hétérogène et peu scolaire. Certains élèves sont peu motivés par leur scolarité. Sur deux demi journée en décembre ces élèves de CAP ont animé 3 ateliers scientifiques :

la fabrication d’une pile (: câbler un pile, une ampoule et un interrupteur pour recréer le fonctionnement d’une lampe de poche)

la fabrication d’un glaçon : utilisation d’un mini congélateur pour voir la solidification de l’eau en 10 minutes

La  mise en évidence d’ions sous forme de précipité coloré par ajout d’acide chlorhydrique faiblement concentré

Le bilan est très positif. Les enfants de maternelle retiennent avoir fait « des potions, un glaçon et une pile ». Les élèves de CAP ont pris confiance en eux , se sont montrés attentifs à chacun, ont pris le temps d’expliquer aux enfants

Evaluation

Selon un sondage du ministère de l’Education nationale, 75 % des Français sont favorables aux évolutions de l’évaluation des élèves présentées par Najat Vallaud-Belkacem. Les syndicats ne sont pas si enthousiastes.

Légumes et apprentissage du latin 

Le maire de Cannes a mis en place une initiation au latin et au grec sur le temps des activités périscolaires. Une manière dit-il de « lutter contre la suppression des  classes bilangues et la mise à mort du grec et du latin« , tout en se servant de la « contrainte » que représentent les rythmes scolaires pour la ville. Les écoliers apprennent de premières notions de latin grâce aux noms des légumes du potager et avec le grec, découvrent « de façon ludique la tragédie, les grands principes du droit, »

Des classes de bavards 

Enseignante de philosophie, Florence Ehnuel, dans son livre « Le bavardage, parlons-en enfin », dénonce les méfaits de ce dernier sur la qualité de l’enseignement et le moral du professeur; il propose quelques pistes pour y remédier. Il est totalement inutile de débattre du bavardage avec les élèves, de les raisonner, tant qu’ils ne savent pas se taire, qu’ils ont le réflexe de parler. L’école  doit apprendre à écouter. On incrimine souvent  le développement des nouvelles technologies d’information et de communication qui privilégient le « zapping », pour justifier la tendance des élèves à se disperser et à bavarder.

Face à la pénurie d’enseignants en Seine-Saint-Denis (93), l’Education nationale a fait appel à Pôle Emploi pour recruter. La Rectrice s’explique :

« Soyons clairs, ce n’est pas Pôle Emploi qui recrute ! Il présélectionne des dossiers. Le rectorat  essaye de trouver les meilleurs candidats, avec un Master 1 ou une Licence au minimum, ayant de la motivation et la capacité à faire cours. Sachant qu’ils peuvent passer les concours internes au bout de cinq ans. A la marge, comme dans tous les métiers, il y a quelques contractuels avec qui l’expérience peut s’avérer être un échec lorsqu’ils appréhendent la réalité du métier.

Cette méthode de recrutement n’est que temporaire, pour répondre à l’urgence ».

Un paradoxe à méditer : 

L’OCDE vient de publier  une note intéressante intitulée « Convictions et pratiques pédagogiques » qui met l’accent sur un paradoxe qui n’est pas uniquement français : les enseignants plébiscitent globalement des principes de pédagogie active mais ceux qui les mettent en pratique sont minoritaires.

Ils sont 94% à estimer que leur rôle est d’aider les élèves à effectuer leurs propres recherches, 93 % qu’il est préférable de laisser les élèves réfléchir eux-mêmes à des solutions pour résoudre des problèmes pratiques avant de leur montrer la marche à suivre, 83% que les processus de réflexion et de raisonnement sont plus importants que le contenu spécifique du cours, et 82% à penser que les élèves apprennent mieux quand ils résolvent les problèmes eux-mêmes.

Mais dans leur pratique, les enseignants sont nettement moins nombreux à privilégier des voies d’enseignement actives et « déclarent avoir plus souvent recours à des pratiques pédagogiques passives » : à peine plus d’un quart d’entre eux fait travailler fréquemment les élèves à des projets leur prenant au minimum une semaine ; moins d’un enseignant sur deux fait régulièrement travailler les élèves en petits groupes pour trouver ensemble une solution à un problème ou à un exercice (un peu plus d’un tiers en France).

Les enfants lourdement frappés par les inégalités

La dernière édition du rapport « Comment va la vie ? » de l’OCDE contient pour la première fois un chapitre consacré au bien-être des enfants. Les enfants figurent parmi les principales victimes de la montée actuelle des inégalités. Il montre les répercussions négatives de ces inégalités croissantes sur les possibilités offertes aux enfants.

Dans les pays de l’OCDE, la pauvreté monétaire concerne un enfant sur sept, tandis que 10 % des enfants vivent dans des familles sans emploi. Depuis le début de la crise économique, le taux de pauvreté infantile a augmenté dans deux tiers des pays de l’OCDE, et dans la plupart des pays, le taux de pauvreté des enfants est supérieur à celui de l’ensemble de la population. En France, il est passé de 9.3 % en 2007, à 10.03 % en 2009 et atteint 10.8 % en 2011. 

Rapport de la Commission Enfance et Adolescence

À la suite de l’adoption du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, le Premier ministre a demandé à France Stratégie de constituer une commission chargée d’élaborer une stratégie nationale pour l’enfance et l’adolescence. Présidée par François De Singly, la Commission vient de publier son rapport sorti le 30 septembre 2015 : « Pour un développement complet de l’enfant et de l’adolescent ».

LOI n° 2015-136 du 9 février 2015 relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques 

Article 7
« I. – Dans les établissements mentionnés au chapitre IV du titre II du livre III de la deuxième partie du code de la santé publique [= établissements accueillant des moins de six ans, NDLR], l’installation d’un équipement terminal fixe équipé d’un accès sans fil à internet est interdite dans les espaces dédiés à l’accueil, au repos et aux activités des enfants de moins de trois ans.
II. – Dans les classes des écoles primaires, les accès sans fil des équipements mentionnés à l’article 184 de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement installés après la publication de la présente loi sont désactivés lorsqu’ils ne sont pas utilisés pour les activités numériques pédagogiques.
III. – Dans les écoles primaires, toute nouvelle installation d’un réseau radioélectrique fait l’objet d’une information préalable du conseil d’école. »

Dernière minute

Du 1er  au 5 décembre se tiendra à Evreux le 11ème   festival européen du film d’éducation

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