Lettre d’actualité n°106 – décembre 2013

Bien sur il y a PISA 2012 !

La France a perdu 5 places au classement PISA 2012 par rapport à 2003 : elle passe de la 13ème à la 18ème place sur les 34 pays de l’OCDE étudiés. Avec 495 points en mathématiques, elle perd 16 points par rapport à 2003 et se retrouve au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE. Elle se situe également dans la moyenne en sciences, avec un score stable depuis 2006. En compréhension de l’écrit, elle se place au dessus de la moyenne de l’OCDE, mais revient à son niveau de 2003.

Les inégalités sociales et scolaires ne se sont pas améliorées. La France ne compte par exemple que 5% d’élèves résilients, c’est-à-dire issus de milieux très défavorisés mais qui se retrouvent dans le groupe des élèves les plus performants, contre 10% dans la plupart des pays asiatiques étudiés. Les élèves ont par ailleurs 2,3 fois plus de chances d’être en difficulté quand ils sont issus de l’immigration.

Des solutions ?

Que faire ? selon Eric Charbonnier, de la direction de l’éducation de l’OCDE.
Il faut se donner les moyens d’attirer les meilleurs étudiants vers la profession d’enseignants, avec une valorisation du métier et des conditions salariales attractives. A dépenses égales, « il est plus efficace d’augmenter le salaire des enseignants que de réduire la taille des classes » pour améliorer les résultats scolaires.

Mais il faut également former ces professeurs. La plupart des pays performants ont abandonné la formation consécutive pour un modèle simultané (enseignement théorique et pratique professionnelle en alternance), comme le proposent les nouvelles ESPE. Ces enseignants doivent ensuite être accompagnés en début de carrière : seuls 17% des enseignants français disent avoir bénéficié d’un tutorat, contre…72% en moyenne dans l’OCDE ! Enfin, des évolutions de carrière et une formation professionnelle continue doit leur être proposée.
Les pays les plus performant sont par exemple mis en place des politiques pour soutenir les établissements difficiles, avec des incitations pour que les meilleurs enseignants y travaillent. Des alternatives au redoublement sont instaurées pour les élèves en difficulté : travail en petit groupe, gestion de l’échec scolaire… » En France, le taux de redoublement est passé de 38% en 2003 à 28% en 2012, mais aucune alternative n’a été mise en place ». Tous les pays les plus performants ou qui ont le plus progressé ont mis la formation des enseignants au coeur de leurs réformes », observe Eric Charbonnier, qui identifie quatre grands principes pour avoir de meilleurs enseignants : « Attirer, former, accompagner, retenir ».

Lire la suite de la Lettre d’actualité n°106 – décembre 2013 au format PDF